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mardi 19 mars 2019

Histoire du Diabète : la première injection de l'insuline


L’histoire derrière la première injection d’insuline

Le 2 décembre 1921, un jeune garçon de 14 ans, Leonard Thomson, entre d’urgence à l’Hôpital Général de Toronto. Il ne pèse que 65 livres (30 kg) et sa vie ne tient qu’à un fil. Son diabète avait été diagnostiqué deux ans auparavant.
À l’hôpital, Leonard Thomson suit une diète limitée à 450 calories par jour et pourtant ses glycémies atteignent facilement 28 mmol/L et il est toujours en acidocétose. Les médecins ne lui donnent que quelques semaines à vivre.

Sur la piste de l’insuline

Depuis quelques mois seulement, deux chercheurs, le Dr Frederick Banting et Charles Best, sous la direction du Dr John Macleod, sont à la recherche de la fameuse substance mystérieuse qui joue un rôle primordial dans le diabète. Ils ont réussi à isoler une substance prélevée sur des pancréas de chien et à l’injecter à d’autres chiens dont on avait enlevé le pancréas. Ils avaient remarqué que les chiens rendus diabétiques pouvaient être sauvés par cette substance.
Les résultats sont cependant très variables parce que les chercheurs n’ont pas réussi à purifier suffisamment l’insuline. Ils injectent plutôt un mélange d’insuline et d’autres substances.

Une question de pureté

Un jeune chimiste du nom de James Collip vient alors se joindre au groupe. Son but : obtenir une insuline purifiée. Sans lui, l’équipe ne serait jamais venue à obtenir des résultats positifs aussi rapidement. Pendant que Banting et Best poursuivent leur recherche sur les chiens, Collip utilise des pancréas de bœuf et travaille à affiner sa technique d’extraction de l’insuline et, très rapidement, il choisit pour ce faire l’alcool à différentes concentrations.

La première injection

Le 11 janvier 1922, la première injection est donnée au jeune Leonard Thomson. Des analyses sont faites le lendemain : la glycémie est tombée de 24,5 à 17,8 mmol/L. Dans les urines, il y a encore beaucoup de sucre qui passe. La première injection est donc un demi-échec, parce que l’insuline injectée n’est pas assez pure.

La deuxième injection

Douze jours après la première injection, après avoir testé à plusieurs reprises son insuline, Collip se sent prêt à reprendre les injections sur Thomson. Cette fois-ci, il s’agit d’un véritable succès. Sa glycémie passe de 28,9 à 6,7 mmol/L. Il n’y a presque plus de sucre dans les urines. Les deux jours suivants, Leonard ne reçoit pas d’extrait; la glycémie monte. Dans les semaines qui vont suivre, on lui en administra tous les jours. Il reprend du poids et de la force. Les chercheurs savent qu’ils viennent de faire une grande découverte.
Dès février 1922, six autres diabétiques reçoivent l’extrait avec les mêmes bons résultats. L’extrait s’appelait alors isletin, ce n’est qu’en avril 1922, que son nom définitif est donné : insuline.
Quatre-vingts-seize ans plus tard, c’est par millions que des gens peuvent vivre grâce à l’une des plus grandes découvertes du XXe siècle.

Note :

Malgré l’avancée des traitements et la connaissance que l’on a de la maladie, de nombreuses personnes diabétiques ne tirent pas encore parti de tous les moyens disponibles pour contrôler leur diabète.

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