Le traitement du diabète, de 1921 à aujourd’hui
Avant la découverte de l’insuline, les personnes diabétiques
étaient condamnées à mourir.
La vie des personnes diabétiques
a considérablement changé en cinquante ans. Elles disposent aujourd’hui
d’outils précis et d’un accès à l’information plus aisée que jamais. Les
professionnels de la santé qui les traitent connaissent aussi mieux la complexité
de cette maladie et les traitements font leurs preuves.
En attendant la prochaine
révolution médicale, Diabète Québec demande l’implantation d’une stratégie
nationale de lutte au diabète. Une stratégie axée sur l’éducation, la
prévention, le soutien et le traitement. Car les soixante dernières années ont
démontré clairement qu’une personne diabétique bien informée, bien entourée et
bien traitée vit en meilleure santé plus longtemps.
La découverte de l’insuline et le contrôle glycémique
L’insuline, découverte en 1921
grâce à la collaboration aujourd’hui légendaire de Banting, Best et MacLeod,
fait des miracles. Dans le monde entier, elle a sauvé des milliers de patients
d’une mort certaine.
Avant la découverte de
l’insuline, les personnes diabétiques étaient condamnées à mourir et ne
pouvaient survivre, avec une diète sévère, que trois à quatre ans au maximum.
Mais malgré les nombreux types
d’insuline et la mise en marché des premiers agents hypoglycémiants oraux vers
1957 au Canada, le contrôle des glycémies demeure à l’époque imprécis.
Dans les années 50, la
méthode de contrôle des glycémies consiste à laisser tomber un comprimé réactif
dans une petite éprouvette contenant un mélange de quelques gouttes d’urine et
d’eau. Selon la couleur du résultat – de bleu foncé à orange – la personne
diabétique peut connaître la quantité de sucre dans l’urine.
Tout en assurant des suivis
auprès de leurs patients, les médecins se doutent bien qu’un meilleur contrôle
des glycémies doit être atteint afin de retarder les complications. Des
complications majeures qui ont un impact important sur la vie de leurs
patients : cécité, atteinte des reins, gangrène, infarctus ou accidents
vasculaires cérébraux.
Une découverte
Un pionnier dans le traitement du
diabète, le médecin belge Jean Pirart, établit pour la première fois le lien
entre bon contrôle des glycémies et prévention des complications.
Entre 1947 et 1973, le Dr Pirart
divise en trois groupes plus de 4 000 de ses patients, selon leur degré de
contrôle : excellent, moyen, mauvais. En utilisant les comprimés réactifs
comme méthode de mesure, les résultats du Dr Jean Pirart démontrent clairement
l’incidence et la prévalence des complications chez les patients dont le
contrôle des glycémies est pauvre.
Des innovations
Les années 70 et 80 sont un
moment décisif dans le traitement du diabète. Des innovations telles que les
lecteurs de glycémie et
les bandelettes mesurant le taux de sucre dans le sang donnent aux personnes
diabétiques et aux médecins les outils maintenant devenus indispensables.
En 1976, des scientifiques
américains découvrent que le sucre s’attache facilement aux globules rouges
(l’hémoglobine) et permet de déterminer la qualité du contrôle des 2 à 4
derniers mois. Cette découverte ouvre la voie à la création d’un test : le
dosage de l’hémoglobine
glyquée (A1C).
L’arrivée d’outils de contrôle
permet aux chercheurs de créer des études à grande échelle. Les résultats
modifieront la façon de traiter le diabète.
À leur tour, deux études
importantes, la Diabetes Control and Complications Trial (de 1983 à 1993) et la
United Kingdom Prospective Diabetes Study (de 1977 à 1997) démontrent pour les
deux types de diabète que le maintien des glycémies à des valeurs près des
normales retarde et ralentit l’apparition des complications chroniques liées au
diabète.
L’arrivée de l’insulinothérapie
L’insulinothérapie intensive –
injections multiples d’insuline imitant le fonctionnement normal du pancréas –
fait son apparition dans le traitement du diabète de type 1 et devient
maintenant une option thérapeutique de plus en plus répandue pour le diabète de
type 2.
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