Diabète et dialyse rénale
Le traitement d’hémodialyse ne guérit pas la maladie rénale,
mais agit comme un substitut du rein.
Le diabète entraîne souvent des complications au niveau de
la fonction rénale. Ces complications compromettent le rôle de système de
filtration des reins, nécessitant parfois le recours à l’une des deux
techniques d’épuration du sang :
- l’hémodialyse
- la dialyse péritonéale
Dans les deux cas, le traitement
bouleverse la vie des individus par sa fréquence et le temps nécessaire au
traitement. L’adaptation à ce nouveau mode de vie est souvent difficile au
début du traitement, mais la plupart des individus peuvent disposer d’une
qualité de vie acceptable, et ce, pendant de nombreuses années.
Le choix du traitement
Le choix entre les deux formes de
traitement dépend de plusieurs facteurs médicaux, personnels et sociaux. La
plupart des personnes peuvent opter pour l’une ou l’autre des techniques.
L’hémodialyse nécessite de se
soumettre à un horaire fixe et d’habiter à proximité d’un centre de dialyse.
Même s’il l’on peut recevoir des traitements à l’extérieur, cela complique
parfois les déplacements. Par ailleurs, ce traitement offre plus de liberté
entre les périodes de dialyse.
La dialyse péritonéale nécessite
quant à elle de procéder soi-même aux traitements, mais ne nécessite de visites
médicales qu’une fois par mois. Il importe cependant d’organiser son horaire de
vie et de travail en fonction de ses traitements. La dialyse péritonéale impose
une technique d’asepsie rigoureuse, car une contamination peut entraîner des
infections (intra-abdominales).
L’hémodialyse
L’hémodialyse (rein artificiel)
est une technique qui permet d’épurer le sang des personnes souffrant
d’insuffisance rénale sévère.
Le traitement
La durée du traitement est
habituellement de 4 heures. On doit procéder à la dialyse 3 fois par semaine, à
la fois pour épurer le sang et pour enlever l’excès de liquide. Le traitement
d’hémodialyse ne guérit pas la maladie rénale, mais agit comme un substitut du
rein. De ce fait, il faut le continuer indéfiniment, à moins que la personne ne
reçoive une transplantation.
Durant le traitement, la personne
peut boire, manger, lire, regarder la télé ou dormir. Après son traitement,
elle ressent une certaine fatigue pendant quelques heures.
L’appareil
L’appareil d’hémodialyse est
constitué d’un filtre dans lequel circule le sang, qui entre en contact avec un
liquide appelé dialysat. Il se fait des échanges entre les deux liquides (sang
et dialysat) de sorte que le sang puisse éliminer certaines substances (urée,
créatinine, potassium, etc.) qui n’ont pas été filtrées par les reins qui sont
déficients. Le sang retourne par la suite à la personne par un système de
tubulure.
L’intervention
Pour que le sang puisse aller
dans le filtre et, par la suite retourner à la personne, il faut évidemment un
système de tubulure et un accès vasculaire. La plupart du temps, on fera une
opération appelée fistule, sorte de communication entre une artère et
une veine d’un
membre supérieur (bras). Ceci fera que la pression de l’artère sera transmise
dans la veine qui se dilatera par la suite.
On pourra, par la suite, insérer
à chaque traitement une aiguille dans la veine pour que le sang puisse aller
via la tubulure dans le filtre, et une autre aiguille pour que le sang puisse
retourner à la personne. On retire les aiguilles à la fin de chaque traitement.
Parfois, il n’est pas possible de
faire la dialyse par une fistule. Il faut alors installer un cathéter dans une
grosse veine du cou, ce qui permet ainsi d’avoir un accès au sang de la
personne. Ces cathéters peuvent s’infecter de sorte que, dans la mesure du
possible, il est préférable d’avoir un accès au membre supérieur.
La dialyse péritonéale
La dialyse péritonéale est une
autre façon d’épurer le sang d’une personne. Le principe de ce mode de
traitement est d’utiliser la membrane du péritoine (enveloppant les organes de
l’abdomen) comme filtre. On insère un petit tube (cathéter) dans l’abdomen de
la personne et on laisse une des extrémités à l’extérieur de l’abdomen.
Le traitement
Par ce tube, on infuse un liquide
(2 litres en général) qui ressemble au dialysat utilisé chez la personne
hémodialysée. Il se fait des échanges entre ce liquide et le sang. Le péritoine
agit comme membrane à travers lequel se font les échanges. Habituellement, on
laisse le liquide dans l’abdomen pendant 4 heures et, par la suite, utilisant
toujours le cathéter, on draine à l’extérieur le liquide où se sont accumulés
les déchets (urée, créatinine, potassium, etc.) comme pour l’hémodialyse.
Les personnes qui choisissent
cette forme de traitement doivent faire habituellement quatre traitements par
jour, et ce, 7 jours par semaine. On peut enlever l’excédent de liquide en
modifiant les concentrations de glucose dans
le liquide, créant un appel d’eau par un mécanisme d’osmose. Il faut en général
30 à 45 minutes pour drainer le liquide et en infuser deux autres litres.
Plusieurs personnes diabétiques
qui utilisent cette méthode de dialyse mettent l’insuline dans
le dialysat et ainsi n’ont plus à s’injecter de l’insuline en sous-cutanée. Il
existe d’autres formes de dialyse péritonéale où les traitements se font la
nuit pendant 10 à 12 heures, mais elles nécessitent un appareillage plus
complexe.
Une équipe spécialisée en dialyse
Une équipe composée de néphrologue,
diététiste/nutritionniste, infirmier/infirmière, pharmacien/ne et intervenant/e
en travail social peuvent vous informer et vous soutenir dans le
choix du mode de traitement de remplacement de la fonction rénale.
Ces professionnels de la santé
vous aideront à traiter la maladie rénale et les complications de
l’insuffisance rénale afin d’en ralentir l’évolution.

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